Entre-Nous : les confidences du chemin
Je me souviens d’un homme qui, en début de séance, me disait toujours :
“Je ne sais
pas quoi dire.”
Et pourtant,
une fois le silence accepté, les mots venaient.
Pas les mots
bien rangés, bien pensés.
Mais les mots
tremblants, les mots vrais.
Ceux qu’on
n’ose pas dire à voix haute, mais qu’on peut écrire sans se cacher.
C’est là que j’ai compris — une fois de plus — que l’écriture est une
porte.
Pas une porte vers les autres.
Une porte vers soi.
Écrire, c’est
se regarder autrement
Quand tu écris, tu ne fais pas que poser des mots.
Tu te poses toi-même.
Tu t’écoutes. Tu te dévoiles. Tu te rencontres.
Et parfois, tu te surprends.
Tu écris une phrase, et tu te dis :
“Tiens… je ne
savais pas que je pensais ça.”
Parce que
l’écriture ne vient pas du mental.
Elle vient
d’un espace plus profond.
Un espace où le
moi conditionné s’efface, et où le moi observateur prend la plume.
Une scène de
cabinet
Une femme m’a un jour apporté un carnet.
Elle l’avait rempli après notre première rencontre.
Elle m’a dit :
“Je ne savais
pas que j’avais autant de choses à dire.”
Et elle a
ajouté, presque en chuchotant :
“Je crois que
je me suis rencontrée.”
Ce carnet, c’était son miroir.
Pas celui qui juge.
Celui qui révèle sans brusquer.
Pourquoi
écrire transforme
Parce que l’écriture ralentit.
Elle oblige à formuler, à choisir, à ressentir.
Elle crée un espace entre toi et ce que tu vis.
Un espace où tu peux observer sans t’identifier.
Un espace où tu peux accueillir sans fuir.
Et dans cet espace, tu peux commencer à te comprendre, à te
relier, à te libérer.
L’exercice :
écrire pour se rencontrer
Je te propose une pratique simple, mais puissante.
Tu peux la faire chez toi, dans le calme, avec un carnet que tu consacres à
cela.
Étape 1 : Pose trois désirs
Écris trois choses que tu veux manifester dans ta vie.
Sois précis. Sois sincère. Ne cherche pas à être “spirituel”. Sois vrai.
Exemple :
– Je veux
retrouver de l’élan dans mon travail
– Je veux
vivre une relation nourrissante
– Je veux me
sentir plus libre intérieurement
Étape 2 : Questionne chaque désir
Pour chaque désir, réponds à ces questions :
- Pourquoi
est-ce important pour moi ?
- Qu’est-ce
que cela dit de moi ?
- Qui en
moi formule ce désir : mon cœur, mon ego, ma peur, ma joie ?
- Est-ce
une demande ou une offrande ?
Laisse les réponses venir.
Même si elles sont floues, incomplètes, maladroites.
Ce n’est pas un devoir. C’est une exploration.
Étape 3 : Relis avec douceur
Relis ce que tu as écrit.
Et observe ce qui te touche, ce qui te surprend, ce qui t’éclaire.
Tu verras peut-être que certains désirs sont des appels à l’amour.
D’autres, des tentatives de réparation.
D’autres encore, des élans du Soi.
Et tu verras que tu es déjà en chemin.
Une métaphore
pour éclairer
Imagine que ton carnet est un jardin.
Chaque mot que tu poses est une graine.
Certaines germeront vite.
D’autres mettront du temps.
Certaines ne pousseront pas — et ce n’est pas grave.
Ce qui compte, c’est que tu cultives l’espace.
Que tu honores le geste.
Que tu laisses la vie circuler.
Et si tu
écrivais une lettre à toi-même ?
Un jour, je t’invite à faire cela :
Écris une lettre à toi-même.
Pas pour te corriger.
Pour te reconnaître.
Commence par :
“Cher moi, je
voulais te dire…”
Et laisse venir.
Tu verras que tu as des choses à te dire.
Des choses que personne ne peut te dire à ta place.
Conclusion :
écrire, c’est s’aimer
Écrire pour se rencontrer, ce n’est pas une technique.
C’est un acte d’amour.
C’est une manière de dire :
“Je suis là.
Et je mérite d’être entendu.”
Alors, prends le temps.
Ouvre ton carnet.
Et laisse ta main parler.
Entre-nous, c’est souvent dans ces pages silencieuses…
que la vraie transformation commence.