Il m’apparaît aujourd’hui que le hasard n’est souvent que le
nom que nous donnons à une harmonie que nous n’avons pas encore appris à lire.
J'ai passé une grande partie de ma vie à chercher des réponses dans le tumulte,
à forcer des portes qui restaient closes, comme si le bonheur était une
forteresse à conquérir. Mais la vérité est bien plus douce : la Vie ne se
conquiert pas, elle s'apprivoise.
Depuis quelques décennies désormais, je sens que tout s’aligne. Ce n’est pas le
monde qui a changé, c’est ma propre vibration. En choisissant la confiance
plutôt que la peur, j’ai ouvert une fenêtre invisible par laquelle les signes
s’engouffrent enfin. Je vois des messages dans le bleu d’un ciel ouvert,
j’entends des réponses dans le murmure du vent qui m’appelle. Chaque étoile
n’est plus un point lointain et froid, mais une prière scintillante qui me
rappelle que je suis guidé.
Le destin n’est plus pour moi une route tracée d’avance par
une main étrangère. C’est un dialogue. Quand je crois en ma propre voix, le
chemin se déploie de lui-même sous mes pas. Chaque rencontre, chaque
coïncidence, chaque "hasard" heureux devient une célébration. Je ne
cherche plus ce qui me manque ; je contemple ce qui vient à ma rencontre. Tout
ce que j’ai longtemps cherché à l’extérieur était déjà là, tapi dans l’ombre,
attendant simplement que je m’aligne avec l'horizon de ma propre vérité.
Je marche avec cette légèreté nouvelle, celle de l'homme qui
sait qu'il est à sa place. Rien n'est plus puissant que ce sentiment de
cohérence, où mes pensées, mes élans et la réponse du monde ne forment plus
qu'un seul et même souffle. Je suis l'écho d'une création qui m'aime, et dans
cet alignement parfait, je réalise que le miracle n'est pas de marcher sur
l'eau, mais de marcher sur la terre en ayant conscience que chaque pas est
sacré.
