23 février, 2018

Le jeu des masques

 


Chapitre 5 — Série : De la manifestation à la conscience transpersonnelle

 

Le théâtre du monde

Dès l’enfance, nous entrons en scène.

Le monde devient décor.

Les autres deviennent public.

Et nous, sans le savoir,

nous endossons un rôle.

Ce rôle n’est pas choisi.

Il est souvent imposé,

attendu,

récompensé.

Et dans ce théâtre invisible,

nous apprenons à jouer pour exister.

 

Le masque comme protection

Le masque ne ment pas toujours.

Il protège.

Il cache la vulnérabilité.

Il évite le rejet.

On devient fort pour ne pas être blessé.

On devient drôle pour ne pas être oublié.

On devient sage pour ne pas être jugé.

Et peu à peu,

on confond le masque avec le visage.

 

Le masque comme stratégie

Dans le jeu social,

le masque devient outil de survie.

Il permet d’être accepté.

Il permet d’être aimé.

Il permet de s’intégrer.

Mais à quel prix ?

À force de jouer,

on oublie qui joue.

On oublie pourquoi on joue.

On oublie qu’on peut quitter la scène.

 

Le confort du masque

Le masque rassure.

Il donne une forme.

Il donne une place.

Il donne une image.

Et parfois,

on préfère le masque à la vérité.

Car la vérité est nue.

La vérité est fragile.

La vérité est incertaine.

Mais la vérité est aussi libératrice.

 

Le moment du doute

Il arrive un jour,

souvent dans le creux d’une crise,

où le masque ne suffit plus.

On se sent vide.

On se sent faux.

On se sent loin de soi.

Et ce malaise est précieux.

Car il ouvre une brèche.

Une brèche vers l’authenticité.

Une brèche vers l’Être.

 

Le courage de se démasquer

Se démasquer n’est pas facile.

Cela demande du courage.

Cela demande de traverser la peur.

Cela demande de perdre des repères.

Mais c’est aussi un acte d’amour.

Un acte de vérité.

Un acte de naissance.

Car derrière le masque,

il y a toi.

Pas le personnage.

Mais la présence vivante.

 

Le regard sans masque

Quand tu regardes sans masque,

tu vois autrement.

Tu ne juges plus.

Tu ne compares plus.

Tu ressens.

Et quand tu es vu(e) sans masque,

tu te sens nu(e)…

mais aussi reconnu(e).

Car l’Être ne demande pas de costume.

Il demande de la lumière.

 

Le jeu devient danse

Quand le masque tombe,

le jeu ne s’arrête pas.

Il se transforme.

Il devient danse libre.

Il devient expression vraie.

Il devient création consciente.

Tu ne joues plus pour plaire.

Tu joues pour célébrer.

Tu joues pour incarner.

Tu joues pour aimer.

 

Intégration

Aujourd’hui,

tu peux regarder ton masque.

Pas pour le juger.

Mais pour le remercier.

Tu peux lui dire :

“Tu m’as protégé(e).

Tu m’as aidé(e).

Mais je suis prêt(e) à te déposer.”

Et dans ce geste,

tu retrouves ta vérité nue.

Tu peux écrire :

“Aujourd’hui, j’ai vu mon masque… et j’ai choisi de respirer sans lui.”

Et dans cette phrase,

il y a toute la puissance du dépouillement.

 

Conclusion

Le jeu des masques est une étape du chemin.

Il ne doit pas être nié.

Il doit être traversé.

Alors, dépose.

Respire.

Regarde.

Entre-nous, c’est souvent dans la chute du masque…

que la vraie lumière commence.