27 avril, 2023

Questions -Réponses sur la pardon

 Thème : Le pardon — une libération sans oubli

 

Introduction :

Le pardon ne consiste pas à effacer l’offense, ni à nier la douleur. Il est un chemin intérieur, parfois long, parfois silencieux, qui nous invite à déposer le poids du ressentiment. Ce dialogue explore le pardon comme une démarche de guérison, de réconciliation, et de paix — non pour excuser, mais pour se libérer.

 

Dialogue entre un participant et Bernard Hardy

 

Question : "Bernard, qu’est-ce que le pardon, au fond ? Est-ce oublier ce qui nous a blessé ?"

Réponse de Bernard : "Non, le pardon n’est pas l’oubli. Il ne nie pas l’événement, il le traverse. Pardonner, c’est reconnaître la blessure, lui donner sa juste place, puis choisir de ne plus en être prisonnier. C’est un acte de liberté intérieure. Ce n’est pas dire que l’offense était acceptable, c’est dire : ‘Je ne veux plus que cette douleur dirige ma vie.’"

 

Question : "Mais comment pardonner quand la blessure est profonde ?"

Bernard : "Cela demande du temps, de la patience, et parfois… du silence. Le pardon ne se décrète pas, il se mûrit. Il commence par l’accueil de la souffrance, par la reconnaissance du préjudice. Puis, peu à peu, il devient un geste intérieur : celui de lâcher la haine, la rancune, le besoin de revanche. Ce n’est pas facile, mais c’est profondément guérissant."

 

Question : "Est-ce que pardonner signifie se réconcilier avec l’autre ?"

Bernard : "Pas nécessairement. Le pardon peut être intime, sans dialogue, sans retrouvailles. Il ne dépend pas de l’autre, il dépend de notre propre chemin. Parfois, la réconciliation est possible, parfois non. Mais le pardon, lui, peut toujours être offert — même en silence, même à distance. Il est une manière de dire : ‘Je choisis la paix, même si tu ne peux l’entendre.’"

 

Question : "Et sur le plan spirituel, que représente le pardon ?"

Bernard : "Il est une offrande sacrée. Il nous invite à sortir du rôle de victime, à retrouver notre dignité, à nous reconnecter à la Source. Le pardon spirituel ne cherche pas à justifier, mais à libérer. Il est un acte d’amour, parfois envers soi-même, parfois envers l’autre, parfois envers la vie. Il nous ouvre à une paix qui ne dépend plus des circonstances."

 

Question : "Peut-on pardonner l’impardonnable ?"

Bernard : "C’est une question délicate. Il y a des blessures qui semblent trop vastes, trop profondes. Mais même là, il est possible de trouver un chemin — non pour excuser, mais pour ne plus être enfermé. Le pardon ne dit pas : ‘C’était bien.’ Il dit : ‘Je ne veux plus que cela me détruise.’ Et parfois, ce simple mouvement intérieur suffit à faire entrer la lumière."

 

Question : "Et dans la relation à soi, quel rôle joue le pardon ?"

Bernard : "Il est essentiel. Se pardonner ses erreurs, ses maladresses, ses oublis… c’est retrouver la tendresse envers soi. C’est cesser de se punir, de se juger, de se fuir. Le pardon envers soi est une guérison profonde. Il permet de marcher plus léger, plus vrai, plus libre. Et souvent, c’est le premier pas vers le pardon des autres."

 

Clôture :

Le pardon ne transforme pas le passé, mais il transforme notre regard. Il ne change pas l’histoire, mais il change le cœur. Et parfois, il suffit d’un souffle, d’un soupir, d’un ‘je lâche’… pour que la paix commence à revenir.



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